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Vague bleue

Maître Michel Delonfaye

Michel Delonfaye est né vers 1652 à Longfaye. Il exerça le métier de tailleur avant de demander son admission dans l’ordre des Capucins. Pour pouvoir obtenir l’habit religieux, il entreprend des études à Aix et à Cologne malgré son âge. En 1681, les habitants de Robertville ayant obtenu l’autorisation d’ériger une chapelle, ils lui demandèrent de la desservir. Il renonça à ses études, accepta et fut nommé chapelain en 1683. Il réitéra sa demande aux Capucins sans succès. Il obtint toutefois de revêtir l’habit du Tiers Ordre le 25 mai 1695 et il prit le bréviaire et l’ordo des capucins. Il eut quelques tiraillements avec les curés de Waimes qui lui reprochaient de célébrer trop souvent la messe et aux mêmes heures qu’en l’église principale de Waimes, empêchant ainsi, selon les curés de Waimes, les fidèles d’assister aux sermons et instructions de la paroisse.

Il fut un prêtre exemplaire « amant fidèle de la pauvreté », pratiquant une abstinence continuelle et incroyable.

Sa cuisine était des plus frustes. Un peu de beurre rance, des herbes sauvages, quelquefois un peu de lard maigre, le tout arrosé d’eau de pluie. Pour tout vêtement, il portait une étoffe grossière qu’il taillait et cousait lui-même, des hauts-de-chausse, des bas et des souliers grossièrement ferrés. Jusque tard dans sa vie, il allait tous les jours à l’église des Capucins de Malmedy y entendre une ou deux messes avant de revenir célébrer le saint office à Robertville.

Il vivait dans la plus grande solitude, passait son temps à l’étude, à la lecture de livres de piété, à la prière. Sa piété trahissait d’ailleurs sa ferveur intérieure, ses entretiens intimes avec Dieu. Ses sermons édifiaient et attiraient tout à la fois ses auditeurs. L’argent qu’il aurait pu accumuler, il s’en libéra de bonne heure en faveur des bonnes oeuvres et en octroyant des dons à des neveux engagés dans des études sacerdotales.

Bien malgré lui, il fut confronté à l’un des épisodes cruciaux du long conflit qui opposa Robertville à Sourbrodt. En 1708, les manants de Robertville interdisent l’accès de leur chapelle à ceux de Sourbrodt. Maître Michel aida les manants de Sourbrodt en dotant leur chapelle d’un bénéfice avant même son achèvement.
Le 28 décembre 1715, il faillit périr dans l’incendie de sa maison. Pour les manants de Robertville qui participèrent au sauvetage de ses quelques biens, ce fut surtout la confirmation de l’extrême dénuement dans lequel il vivait.

Il s’éteignit le 11 juillet 1717 au terme d’une longue maladie qu’il supporta saintement. Contrairement à ses voeux, il ne fut pas enterré dans la chapelle de Robertville mais dans l’église paroissiale de Waimes.
En novembre 1877, lorsqu’on remplaça l’autel de la Sainte Trinité par l’autel de Saint Joseph, le curé Géréon fit faire des fouilles à l’endroit où Maître Michel avait été enterré. A la découverte du cercueil, le corps semblait intact, mais au contact de l’air, il tomba en poussière. Ses dents furent recueillies comme des reliques par les assistants.