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Vague bleue

M. l’Abbé François Toussaint

Il naquit le 4 mai 1882 à Ovifat. En 1898, il demande et obtient la radiation de sa nationalité prussienne, ce qui en fit pour longtemps un apatride. De 1906 à 1914, il enseigne à l’Institut St-Joseph à Dolhain. Ordonné prêtre le 2 avril 1907 par l’évêque de Liège, il dessert de 1909 à 1914 la chapelle de Walk pour venir en aide au curé de Waimes. Le 31 juillet 1914, à la veille de la première guerre mondiale, il choisit de rentrer au pays, à Ovifat. Jusqu’en 1918, il seconde le curé de Waimes et en août 1919, îl est nommé recteur à Ondenval. En 1922, on le retrouvé curé à Waimes. Il le restera jusqu’à sa mort.

Bien qu’ayant pris ouvertement position pour le rattachement de la Wallonie malmédienne à la Belgique, sa candidature aux élections législatives en 1926 ne sera pas retenue parce qu’il n’avait pas la nationalité belge. Cette nationalité lui sera seulement reconnue en janvier 1937. Cela ne l’empêcha pas d’être nommé, dès 1920, membre correspondant de la Commission Royale des Monuments et des Sites et d’être nommé Chevalier de l’Ordre de Léopold Il le 8 avril 1940. Entretemps, sur le plan paroissial, il s’était occupé de la restauration et de l’agrandissement de l’église de Waimes (1927-1928).

Avec la seconde guerre mondiale s’ouvre une période très sombre de notre histoire.

François Toussaint choisit de rester. Sa position était évidemment délicate car le nouveau pouvoir en place n’aurait pas hésité à le déplacer en cas d’incartades notoires et à le remplacer par un curé mieux germanisé.

En 1946, il démissionne de la Commission Royale des Monuments et des Sites mais il devient membre de la Société Liégeoise de Langue et de Littérature wallonnes en remplacement de l’Abbé Bastin.

C’est lui qui veillera à la reconstruction de la chapelle de Walk et à l’érection de celle de Bruyères (1952). En 1954, il est nommé professeur de religion à l’école moyenne ménagère de l’Etat à Waimes. Le 16 janvier 1957, il est nommé Chevalier de l’Ordre de la Couronne et le 4 mai de la même année, il fête ses 50 ans de prêtrise et ses 35 ans de pastorat à Waimes. Il meurt le 13 mars 1964.

François Toussait a évidemment marqué profondément la vie paroissiale waimeraise et le nombre de vocations religieuses approcha la cinquantaine. Mais le prêtre était aussi un botaniste et un fagnard de premier plan. Radiesthésiste et sourcier renommé, il était fort consulté et ses baguettes faisaient partie du personnage. Mais c’est bien entendu l’historien qui retiendra le plus l’attention. Il s’est penché sur l’origine de l’histoire des vieilles familles du ban de Waimes, sur l’histoire de Rénastène, sur la seigneurie de Bütgenbach et laisse notamment un manuscrit de 20.000 mots du parler wallon d’Ovifat. Il a rétabli de manière magistrale l’itinéraire de la Via Mansuerisca et on lui doit une étude fouillée d’un procès de sorcières en 1679. Président d’honneur de Malmedy-Folklore, il a publié des dizaines d’articles qui sont presque tous des contributions remarquables à l’histoire de notre région.