Distribution sacs poubelles à partir du 1 février 2018

Vague bleue

Johann Sourbroit

En 1519 mourait à Champagne Colla Stienne. Trois enfants se partagèrent l’héritage: son fils Linard et deux filles dont l’une avait épousé Johann Sourbroit, meier von Weywerche.
Le terme « meier » étant l’équivalent de fermier, majordome ou « cinsî » n’était pas utilisé dans le ban de Bütgenbach. On doit donc supposer que Johann n’était pas du pays.

Johann vend sa part d’héritage à Alard de Robertville, mayeur de Waimes, pour la somme de 84 postulars, avec l’intention de s’établir dans la fagne dépendant de Bütgenbach. C’est ainsi qu’on le retrouve avant 1530 installé à l’orée des bois d’Averscheidt (à la limite des neiges). C’était un endroit fort fréquenté à la limite des terres abbatiales, au bord du chemin reliant le Limbourg au Luxembourg, au carrefour de la « Voie du Fer » et de divers chemins reliant les localités riveraines de la Fagne. Aussi Johann décida-t-il de construire une auberge qu’on appellera plus tard « Le Grand Logis ». Mais à peine Johann Sourbroit eut-il construit son auberge et clôturé ses terres que sept manants de Robertville conduits par Stienne de Thier vinrent arracher les clôtures et faire paître boeufs et vaches sur le terrain de Johann. Il importe de rappeler qu’avant l’intrusion de Johann Sourbroit, les fagnes de Bütgenbach, en limite des terres abbatiales, étaient exploitées par les manants des villages frontaliers, dont Robertville, qui y trouvaient tourbe, pâture et foin.

Johann Sourbroit n’était pas manant à s’en laisser compter. Pour faire valoir ses droits, il fit venir le « fausti « (forestier) de Bütgenbach qui constata le délit et prit en gage les bêtes qui pâturaient sur les terres contestées.

La Cour de Justice de Bütgenbach fut saisie de l’affaire et donna gain de cause à Johann Sourbroit en punissant tous les manants de Robertville, y compris ceux qui n’avaient pas pris part au raid dévastateur. Ce qui provoqua un second procès, à Waimes cette fois, entre manants de Robertville.

Bientôt d’autres manants des villages riverains obtinrent du comte de Vianden l’autorisation de s’établir en bordure du bois d’Averscheidt et d’y défricher et rendre labourables les terres incultes. Ils payaient une redevance annuelle ou « cens » d’où le nom de « censî ». Un nouveau village était né.

Johann Sourbroit est cité une dernière fois en 1564 alors qu’il paye 3 florins de cens en plus pour des terrains nouvellement défrichés. Il semble être mort peu après. Il laissait une auberge florissante, son nom allait supplanter rapidement celui d’Averscheidt et l’antagonisme avec les villages voisins allait croître et embellir pendant deux siècles.