Ramassage des encombrants le 17 octobre

Vague bleue

M. l’Abbé Joseph Bastin

Joseph Bastin naquit à Faymonville le 8 décembre 1870. En raison des contraintes linguistiques du Kulturkampf, il entama, en 1884, ses humanités à l’Institut St-Remacle de Stavelot, en Belgique. Après des études de philosphie au Petit Séminaire de St-Trond et celles de théologie au Grand Séminaire de Liège, il fut ordonné prêtre le 15 avril 1895. Depuis un an, il enseignait déjà dans son ancien collège stavelotain.

En 1907, souhaitant se consacrer à l’étude des dialectes de son terroir natal pour lesquels la Société Liégeoise de Littérature Wallonne venait d’obtenir en 1905 sa collaboration en le nommant membre, il fit sa rentrée dans le diocèse de Cologne en devenant recteur de l’église d’Ondenval. En 1908, il se fixa à Waimes où le curé Robert le chargea d’assurer le service dominical des chapelles de Walk et de Champagne.

Son zèle pour la culture française déplut rapidement aux autorités prussiennes qui le prièrent de rentrer en Belgique en 1909 où il fut nommé professeur à l’Institut St-Joseph à Dolhain.
Le 26 août 1914, il fut arrêté à Stavelot par les Allemands (la guerre venait d’éclater) et contraint à un exil forcé à Düsseldorf où il put consacrer ses loisirs à compulser les archives de la principauté de Stavelot- Malmedy abondantes dans cette ville. Il allait y trouver la base de nombreux travaux historiques et toponymiques.

Beaucoup plus ouvertement belgophile que d’autres, il travaille dès 1918 au retour de la Wallonie malmédienne dans le giron de la Belgique. En 1920, il devient professeur de religion à l’Athénée royal de Malmedy. Il le restera jusqu’à sa mort, dirigeant également, jusqu’en 1932, le pensionnat communal de cet établissement. Il continue à mener de pair son oeuvre d’historien et d’érudit. En 1925, il est reçu membre de la Société Royale Botanique de Belgique. En 1926, il siège à la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie.

Le 9 avril 1938, il est élu membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, suprême couronnement d’une carrière placée sous le signe de la défense ardente de la latinité. Le 5 août 1939, après quelques semaines de maladie, Joseph Bastin s’éteignit à l’hôpital St-Joseph à Malmedy.

Dans son oeuvre abondante, on retiendra ses travaux sur le vocabulaire et la morphologie du parler wallon de Faymonville, l’histoire des paroisses de la Wallonie malmédienne, la vie de l’abbé Wibald, abbé de Stavelot-Malmedy, du Mont Cassin et de Corbie, ses notices sur l’histoire des rues de Malmedy et les plantes dans le parler, l’histoire et les usages de la Wallonie malmédienne. En collaboration avec Charles Dubois, il rédigea le Guide du Touriste sur le Plateau de la Baraque Michel et du Signal de Botrange. On lui doit également des fouilles importantes sur le site de la Via Mansuerisca.